Un peu à la manière d'une séance de spiritisme nocturne et bon enfant, sans invocation particulière, ni illumination, ni une quelconque visitation, je gribouille cependant que le temps se dilue.

   En bonne entente avec moi-même, cet étranger prêt à tout excuser. Engourdissement de la pensée, c'est le vide des idées !

La volonté, cette volonté si diurne et masculine, semble se ramollir dans l'odeur euphorisante de l'encre lithographique ou le rythme répétitif du crissement de la mine de plomb.

 

   Souverain de ma nuit, mais modeste, je ne suis pas en quête d'inspiration et encore moins taraudé par l'envie de " faire œuvre ".

Un peu aérien mais néanmoins très appliqué, besogneux même, je dessine jusqu'à ce que la lassitude l'emporte.

 

   Quand " rien ne vient ", inutile de s'obstiner. Mieux vaut s'en prendre alors au choix d'un mauvais papier, de l'encre qui sèche trop vite, ou à cette idiote de chatte qui s'applique à poser ses empreintes partout où il ne faut pas.