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Les peintures sont composées selon le même principe, repris des ex-voto. La Vierge à l’enfant, objet de la vénération, est en bonne place, le plus souvent en haut et à gauche du carreau. Elle est entourée d’un globe protecteur, pareil à une mandorle, dont le cercle se confond avec les deux rameaux de chêne mentionnés dans le récit d’origine. Quant au dessin, il reproduit celui de l’image initiale. C’est une scène animée, avec un Jésus déjà grand qui s’échappe des bras de sa mère, tenant un globe terrestre entre les mains, comme s’il s’apprêtait à régner sur le monde et à porter secours aux humains. Une réplique de l’image initiale se trouve dans le chœur de l’église, posée à l’angle des deux branches de ce qu’il reste ou resterait du chêne d’autrefois.

Quant aux événements à l’origine des ex-voto, ils sont représentés de façon réaliste et vivante. Les scènes forment des instantanés de la vie des gens ordinaires, qui se déroule au milieu de la nature, avec le cheval pour acolyte et les récoltes pour mode de subsistance, avant de s’étendre vers les villes. Mais, quels que soient le lieu et l’époque, beaucoup sont confrontés aux problèmes et aux malheurs, comme la maladie, l’accident, la perte du bétail ou des récoltes, la possession par le diable. Ils ont sollicité l’intervention de la Madonna del Bagno et sont convaincus d’en avoir bénéficié. Ils lui rendent hommage, comme l’indique le sigle P.G.R. présent sur chaque carreau : Per Grazie Ricevuta, En raison de la grâce reçue.

 

Des modèles graphiques, typiques d’une époque et, sans doute, d’un atelier, sont aisément perceptibles. La présence d’un texte explicatif, qui occupe une portion du carreau, évoque les fables et récits bibliques accompagnés d’enluminures. Ainsi en est-il de la femme libérée des démons, le 31 août 1668 selon ce qui est précisé, ou de ces deux hommes épargnés par la foudre qui traverse la chambre où ils sont couchés, « dans le même lit, par nécessité » est-il précisé. Les chutes depuis un arbre, ici d’une femme, dont le mari intercède auprès de la Vierge, là d’un homme, ont un dessin similaire, qui évoque celui des saynètes religieuses figurant sur les vitraux et les prédelles. Les accidents de la circulation à l’époque contemporaine, l’engagement militaire dans les Balkans au début des années 1990, s’approprient les codes des cartes géographique ou routière devenues usuelles désormais. C’est le cas de plusieurs plaques réalisées autour des années 1990, qui proviennent de l’atelier de Claudio Monotti, à Deruta, ainsi qu’en atteste la signature.